| Cavalier seul de Géant |
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La yole robertine a effectué un parcours sans faute dès le départ à l'Anse-Figuier. Plus voilée que ses poursuivantes, elle a maintenu un écart constant de près de trois minutes avec Rosette/France Télécom, dauphin de la journée. Bien que cette dernière a dessalé à quelques brasses de la ligne d'arrivée au Robert, elle endosse le maillot rouge de leader, pour une minute d'avance sur Géant/Orange. Manifestement, c'était l'étape ou il fallait prendre des risques. Des risques en terme de surface de voiles, sachant que le vent de sud est nettement plus porteur dans cette région que celui d'est. C'est ce que Félix Mérine et ses hommes ont fait, d'autant que placés en troisième position au classement général et plus de dix minutes du porteur du maillot rouge, Joseph-Cottrell/Leader Price. Bien que moins placé que ses rivaux sur la ligne de départ, Félix Mérine a su rapidement se dégager de la flottille pour prendre le commandement de la course, dès le coup de cor de brume libérateur. Pourtant, le maillot rouge était nettement mieux placé. Ce qui ne fait donc pas une science exacte puisque Rosette/France-Télécom, également mal placée par rapport au vent sur la ligne de départ, se retrouve rapidement en deuxième position. Ho-Hio-Hen/Mirsa qui était en milieu de peloton, prit une moins bonne option puisque contraint de mettre le cap sur le large, moins propice que l'option terre. Mais hier, le choix des voiles dictait en réalité la priorité des options, sachant qu'avec ce vent faible, elles seraient quasi définitives. La décision au large des Salines Et c'est un peu ce qui se passait sur le plan d'eau, puisqu'à la bouée de l'îlet Cabrit, Géant/Orange avait une avance de deux minutes sur Rosette/France Télécom et plus de quatre sur Joseph-Cottrell/Leader Price. Le perdant de la journée à l'approche de cette première vigie semblait être Joseph Mas. En virant de bord pour rester plus près de la plage des Salines, il se retrouvait à la sixième position à la bouée et à plus de six minutes de Géant/Orange. Le sort était jeté. Le vent restant sud sud-est, les positions n'allaient pas beaucoup changer, sauf que Ho-Hio-Hen comme vexée de se retrouver derrière des yoles comme Tania Chaussures et Générale de Menuiserie/Groupe Antilles Protection, allait tirer les ressources de la science de la navigation de son patron « Athon » Mas pour les dépasser et se positionner en quatrième place. De fait, rien n'allait plus changer, sinon que les écarts allaient croître en les deux premiers et le reste de la flottille. A la seconde vigie à la pointe de Macabou, Rosette/France Télécom suivait Géant/Orange à trois minutes, tandis que Joseph-Cottrell/Leader Price ouvrait le ballet des poursuivants à plus de dix minutes. Malgré une baisse de vent dans le secteur, et l'espoir de voir les choses changées, en réalité, ce vent de sud qui imposait aux yoles de remonter vers le Vauclin et le François en demi-ronde restait constant dans sa faiblesse, même si quelques risées laissaient l'impression d'un changement. Joie de Géant, angoisse de Rosette Dans ce contexte, ce sont les leaders qui profitaient de ces petites accélérations pour capitaliser mieux leur avance. Le passage de la passe de l'îlet Pelée et celui de l'îlet Oscar ne changeant rien à l'ordre des choses, c'est donc Géant/Orange qui apparaissait le premier dans le havre du Robert, à la grande satisfaction de la foule de ses supporteurs. Ceux de Rosette/France Télécom qui savaient leur yole bien calée à la deuxième place n'attendaient pas plus de deux minutes pour voir leur voile fluo paraître derrière l'îlet Madame. Chacun semblait heureux du dénouement de la journée. Les « Géantistes » pour la victoire d'étape au Robert ; les Franciscains de Rosette/France Télécom pour l'acquisition du maillot rouge. Aussi, Félix Mérine donnait le dernier coup de pagaie à son embarcation, lui permettant de franchir la ligne d'arrivée après plus de quatre heures de navigation. Il était 13 h 15 et la commune du Robert exultait. Deux minutes plus tard, alors que Rosette/France Télécom était à quelques brasses de la ligne, coup de théâtre: la yole va s'empêtrer sur une caye. Tout était remis en cause. Il fallait faire vite pour ne pas perdre la quête de la journée, surtout ce maillot rouge. Les coursiers réussissent à redresser la yole, la vident de son trop plein d'eau, la guident difficilement hors les eaux fonds et finissent par franchir la ligne, plus de huit minutes après Géant/Orange. Il était temps, puisque leur avance un classement n'est que d'une minute. Du coup, l'étape d'aujourd'hui qui conduira tout ce beau monde à Trinité, ne servira pas seulement à déterminer le vainqueur de la Caravelle. G.G (Extrait du France Antilles du 3 Août 2005) |
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