Navigation:    Accueil arrow Tour 2005 arrow 4etape2005 arrow Duel au sommet !
Duel au sommet ! Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
L'emblématique étape Trinité - Saint-Pierre a livré son verdict. Rosette/France Télécom en remportant l'étape, endosse le maillot rouge de leader, avec un peu plus d'une minute d'avance sur Géant/Orange. Joseph-Cottrell/Leader Price qui a coulé à Grand-Rivière ne pourra guère les gêner pour la conquête finale du 21 ème tour.
Chaque prétendante à la victoire du Tour de la Martinique des yoles rondes sait que perdre l'étape majeure est fatal à toute prétention. Hier, en s'élançant de la plage des Raisiniers à Trinité, pas une des favorites n'occultait cette éventualité de son esprit. De fait, la surface des voiles était considérablement réduite par rapport à ce qui était donné à voir depuis le début tour. Pas de plus de 63 m2 hier pour passer de l'Atlantique à la mer des Caraibes, d'autant que la montagne Pelée est un acteur majeur de ce parcours avec les rafales de vent qui descendent de ses flancs. Il est également vrai que le ciel n'inspirait pas grande confiance, même si la mer ne paraissait particulièrement agitée. Et comme d'habitude, ce sont les trois premiers du classement qui se sont élancés en tête de flottille, creusant inexorablement l'écart avec les poursuivants. Joseph-Cottrell/Leader ne passe pas
Le trio menait le bal, sans que l'un ou l'autre ne prenne le moindre avantage sur les autres. Cela pouvait être une valse à trois temps : pour trois yoles. Près de deux heures de course dans cette configuration tandis que les autres suivaient sans pourvoir changer le cours des choses.
Seule la vergue de GFA/Bouygues Telecom Caraibes qui céda assez tôt rompait avec la monotonie de cette première partie d'étape.
Mais en réalité, cet, sensation était un leurre, car plus l'extrême nord de l'île se dessinait à l'horizon, plus les déferlantes enflaient. Et comme elles arrivent par tribord, la vigilance est de mise sur toutes les embarcations, tant le piège est justement dans une absence d'attention sur ces éléments. À l'approche de Grand-Rivière, l'annonce du changement de vent se faisait pressante et les hommes devaient augmenter leur vigilance, d'autant que les déferlantes croisaient avec des vagues rapides et courtes. Un vrai champ de mines. Et c'est Joseph-Cottrell/Leader Price qui paya la note en coulant juste à quelques brasses de l'entrée du port de la commune nord de l'île.
Un dessalage qui ressemble fortement à un abonnement, tant cette yole n'a que rarement passer cette étape sans boire la tasse. De fait. ses prétentions sur le tour sont sérieusement réduites, même si la probabilité de gagner n'est jamais à exclure. Mais avec un retard de 1 minutes sur l'étape et 21 minutes au classement général, la fenêtre: devient d'autant plus étroite que Géant/Orange et Rosette/France Télécom ont nettement fait la démonstration d'une certaine supériorité sur la flottille, par une évidente condition physique et une concentration des coursiers rarement atteinte. C'est cette concentration qui permet à chacun des équipages de déviner les fausses rafales descendantes de la Pelée pour mieux les négocier. C'est également cette concentration qui leur permet de lire le sens du vent sur la mer et ainsi trouver le bon positionnement pour en bénéficier.

Rosette/France Télécom maîtrise Géant/Orange
Et à ce moment de la course Rosette/France Télécom a su mieux combiner tous ces ingrédients pour dépasser sa concurrente Géant/Orange et lui ravir le maillot de leader. Pourtant, les équipier: de Félix Mérine avaient pris un ascendant sur ceux mené par Georges¬Henri Lagier avant l'îlet la Perle, puisque Géant/Orange passait devant ce rocher avec quarante secondes d'avances. Un avantage qu'allait être réduit par la négociation de la coulée de vent du Tombeau des Caraïbes, suffisamment forte pour que les équipages se renforcent avec des hommes forts et frais.
Un moment de flottement pour les deux yoles, le temps de godiller ferme pour attraper la coulée, embarquer les équipiers et c'est Rosette/France Télécom qui prend le commandement pour ne plus l'abandonner.
Aussi, le passage de la bouée d'entrée par bâbord étant dicté par la direction du vent, les deux yoles ont dû régater dans la baie de Saint¬Pierre, comme dans un vrai pas de deux, puisque la poursuivante, Géant/Orange n'arrivait pas se défaire de la surveillance aiguë de Rosette/France Télécom.
Après près de quatre heures de course, Georges-Henri Lagier levait ses bras en signe de victoire, sachant que le maillot rouge lui revenait sitôt l'arrivée de la yole de son ami mais adversaire, Félix Mérine.
L'emprunt de la veille pour trois secondes était arrivé à terme. Jusqu'à quand ?

G.G (Extrait du journal France Antilles du 5 Août 2005)
 
< Précédent   Suivant >