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La naissance du Tour

En mai 1966, quatre yoles appelées « Etoile », « Frisson », « Mouette » et « Odyssée » tentent d’effectuer le tour de la Martinique. Avec l’aide de marins pêcheurs, les membres d’équipages atteignent leur objectif en cinq étapes. L’année suivante, l’opération est reconduite et le tour est bouclé en quatre étapes. Cependant, les difficultés de navigation sont telles que les protagonistes décident de mettre un terme à l’aventure. Elle s’achève en 1968.
Le Tour de Martinique des yoles rondes, tel qu’on le connaît aujourd’hui, est l’œuvre de Georges Brival. « Je suppose qu’avant moi, les Arawaks, les Caraïbes, Christophe Colomb et bien d’autres encore, ont fait le tour de la Martinique. Je ne conteste pas l’existence du tour de 1966, d’ailleurs, je n’étais pas en Martinique à cette époque. Mais, il n’a rien à voir avec le nôtre, précise-t-il. En 1985, j’ai créé et organisé le premier Tour de Martinique des yoles rondes. Depuis, ce produit n’a jamais cessé d’exister. Les concurrents dormaient dans les villes-étapes et repartaient le lendemain. Ce fut une lutte acharnée et je me suis beaucoup battu. Certains propriétaires de yoles n’étaient pas encore convaincus du bien fondé de la compétition. D’ailleurs, quelques-uns s’y opposaient ainsi que des membres de la Société des yoles rondes que je présidais à l’époque. Je revendique naturellement la paternité du Tour de Martinique des yoles rondes dont j’ai déposé la marque à l’Institut national de la protection intellectuelle (INPI). » 

Du rêve à la réalité

Petit-fils de marin-pêcheur, Georges Brival aime la mer. Il est amoureux du patrimoine de son pays d’origine. Quand il revient en Martinique, en 1960, après quelques années passées en France où il a exercé en qualité de publicitaire, il n’a qu’une idée en tête : « vendre » son pays à travers des produits touristiques de qualité.

« J’estime que ce qui n’évolue pas régresse puis disparaît, explique-t-il. Mes compatriotes organisaient déjà des courses de yoles à deux voiles et à la misaine. Il faut signaler que c’est une tradition qui n’a pas bougé. J’étais à la recherche d’un nouveau concept, je dois avouer que mon truc à moi c’est le tourisme. J’ai toujours vécu pour le tourisme et je mourrai pour et par le tourisme. Ce que je veux, c’est contribuer à l’évolution de mon pays avec mes modestes moyens. »

Peu après son retour au pays, Georges Brival assiste à une course de yoles qui l’impressionne. « C’était peut-être la première fois que je voyais un tel spectacle. J’ai vu immédiatement l’intérêt publicitaire qu’on pouvait en tirer. J’ai compris qu’une yole pouvait constituer un excellent support publicitaire. » Plus tard, il appellera sa première yole « Evinrude » alors que celles de ses concurrents porteront des noms folkloriques tels que « Vini ouè sa » ou encore « I chapé. » « Je partais du principe qu’on avait là un support publicitaire extraordinaire qu’il fallait exploiter. »

Peu après ces événements, il réalise l’une de ses premières courses de yoles à Sainte-Anne. Le vainqueur de l’épreuve est Félix Lagier, aux commandes de « Boeing 707. » « Je suis arrivé ce jour-là avec 5 000 F en poche, précise Georges Brival. C’était mon argent que j’investissais dans un support qui était les yoles rondes. Après cette course, j’ai lancé un défi à des marins pêcheurs. J’ai parié l’organisation, par mes propres moyens, d’une nouvelle course qui se déroulerait, cette fois, à Sainte-Luce. Quelque temps après, je relevais le défi. C’était la seule et dernière fois qu’on voyait se mouvoir le même jour, sur le même plan d’eau, les yoles, les gommiers, les canots à rames et les canots à moteur. La foule était immense. Quand il était midi, Sainte-Luce était déclarée « ville sinistrée. » Il n’y avait plus de pain, plus de rhum, plus d’eau en bouteille et quasiment plus rien à manger ! J’avais invité RFO, et François Emica qui travaillait dans cette station a fait remarquer qu’il y avait là une aubaine. Il a suggéré la création d’une société, d’où la naissance, par la suite, d’une association loi 1901 pour gérer les courses de yoles rondes. »

La seconde phase de l’aventure se déroulera au domicile de Georges Brival. Alors qu’il déjeune avec quelques amis, il déclare : « Je vais créer le Tour de Martinique des yoles rondes. » Ils le regardent, l’air médusé. Quelque temps plus tard, il relève le challenge. « J’ai décidé de le faire et je l’ai fait. Comme pour beaucoup de choses dans ma vie, je me suis lancé ce nouveau défi car je prends plaisir à entreprendre et à aller au bout de mes ambitions. » C’est ainsi que Georges Brival a créé le Tour de Martinique des yoles rondes.
 

 
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